Bizarrement c’est Chinese Man & pas Chinese Men, pourtant, j’ai compté, ils sont bien quatre

Alors je suis allé voir ce concert de Chinese Man avec les BiDiBies, dans cette salle des Docks version post incendie, au pied de la nouvelle tour que Zaha Hadid a fait pousser sur les quais. C’était plein de jeunes altermondialistes anachroniquement mignons avec leurs dreads crados & leurs pantalon bouffants, & puis, tu sais, ces filles qui ont la voix enrouée toute l’année & qui n’auraient même pas peur de se battre avec toi. Je me demande comment elles sont en fait, dans l’intimité. On ne nous a pas distribué de lunettes 3D à l’entrée & j’aurais dû me méfier.

Alors c”est gênant, parce qu’en fait je n’ai rien compris de ce que j’ai vu. Je n’ai pas compris ce que j’ai entendu & je trouve que c’est une expérience assez perturbante, aussi perturbante que de voir quatre types tranquillement installés derrière leurs laptop, derrière leurs platines, lancer un concert, comme ça, à coup de séquences numériques sagement rangées dans un IBook & de sample au kilo, levant parfois la main en l’air pour te demander de faire ceci, de faire celà, levant parfois la main en l’air comme pour dire à tout le monde : « C’est moi qui vient d’appuyer sur le bouton qui a fait « boom boom »! Youhoooou! ». J’étais un peu déçu de voir que Chinese Man n’avait de chinois que le nom puisque tout leur visuel (excellent visuel plein de trips découpés comme une bédé motorisée grandeur nature & d’images belles & surprenantes) est fait de bouts de female western & d’archives de la communauté noire américaine dans ce qui fut « sa longue route vers la liberté », Chinese Man, une patrouille de jeunes aixois en pleine forme, d’après ce que je sais, qui se trimballent des attitudes de mc black des States, avides d’une vitalité nouvelle, du genre à ramasser tout sur son passage, références pillées à foison & renvoyées dans ta gueule sans même y changer une ligne de basse ou une réverbération mélodique. A côté de ça je déteste vraiment, mais vraiment le ragga & la drum and bass alors une partie infime du concert m’était déjà interdite. En fait c’était sans doute trop confus pour moi dans cet aspect totalisant de la musique, genre on va vous ressortir plein d’échantillon de ce qu’on a aimé dans toute notre vie un seul morceau, comme cette séquence visuelle en forme d’hommage où défilaient à la queue leu leu tous nos albums reggae chéris sur le fond de la scène. En étant méchant lucide juste un peu on pourrait dire que Chinese Man a presque 10 ans de retard sur le catalogue de Ninja Tunes qui a déjà utilisé tout ce que le cinéma pouvait offrir comme vieilles répliques  à sampler entre deux morceaux de jazz rehaussés de ce fameux beat efficace, mi hip-hop de blanc malin, mi salope sépia & qui finira à tous les coups dans une pub.
Merde, je trouve ça bizarre quand le son live est exactement le même que celui de l’album…
…Je suis déjà aigri on dirait. Alors j’ai dit à tout le monde que j’avais bien aimé (ça ne se fait pas) pour qu’on évite de me dire que de toute façon je critique tout le temps, que je n’aime jamais rien ce qui est absurde, j’aime plein de chose, j’ai plein de disques & de livres  pour le prouver. Mais je n’arrive jamais à ne pas prendre partie. Je n’ai pas trémoussé mon derrière contrairement aux BiDiBies mais c’est pas grave, elles étaient contentes & je trouve que c’est déjà pas si mal comme satisfaction pour un soir de semaine.
Ce que je vais faire c’est que vais écouter le dernier Metronomy encore une fois.

About Lazare Bruyant

Bruyant
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